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“C'est pire qu’avant” : avec le confinement, le sentiment d’insécurité des femmes grandit dans la rue

“C'est pire qu’avant” : avec le confinement, le sentiment d’insécurité des femmes grandit dans la rue

Harcèlement, agressions, viols… S'il a vidé les rues, le confinement n’a pas limité les agressions sexistes et sexuelles envers les femmes.

Rues désertes, transports peu fréquentés… : en cette période de confinement, de nombreuses femmes témoignent du harcèlement et des agressions sexuelles subies dans l'espace public, où elles ont désormais «autant peur le jour que la nuit».

En pleine journée, Fatima Benomar s'est fait suivre «par une bande de jeunes», rue de Rivoli, à Paris. «Ils se sont collés à moi car je ne répondais pas à leurs avances, m'ont insultée, menacée et m'ont suivie en criant : "De toute façon, ça se voit que t'es une salope"», se souvient-elle à l’AFP. Cette militante féministe de 36 ans confie «avoir vraiment eu peur» : «Je ne pouvais me réfugier nulle part, tous les magasins étaient fermés et je pouvais demander de l'aide à personne». Désormais, pour se rendre au travail, elle emprunte les petits rues adjacentes.

Depuis plusieurs jours, les témoignages comme celui de Fatima Benomar se multiplient. «Chaque fois que je vais faire mon jogging, des hommes se retournent sur mon chemin, me sifflent, me regardent avec insistance voire, comme hier, me barrent la route en rigolant», racontait Chloé à Cheek Magazine, fin avril.

"Les sorties se transforment en des moments d'angoisse"

Jusqu'à présent, Laurène Martin, elle, «n'avait jamais eu peur en Île-de-France». Mais depuis le 17 mars, les trajets quotidiens banlieue-Paris de cette infirmière de 28 ans sont devenus un calvaire. «Le deuxième jour du confinement, des mecs m'ont sauté dessus dans le métro pour me piquer mon téléphone. J'ai crié, ils sont partis et le seul autre passager de la rame, un homme, est venu se coller à moi et m'a demandé si j'avais un mari…», relate-t-elle à l’AFP. Après avoir accumulé les expériences désagréables, elle s'est mise au vélo. À ses yeux, c’«est clairement pire» qu’avant. «Il y a moins de personnes à agresser, moins de témoins, et les groupes d'hommes qui restent dehors sont ceux qui ne respectent absolument pas le confinement.»

«Nous sommes enfermés chez nous, donc normalement les sorties à l'extérieur, pour voir le soleil, sont des bouffées d'air. Or, elles se transforment en des moments d'angoisse et les femmes se reconfinent rapidement par peur», abonde Géraldine Franck, 37 ans, militante féministe, qui a vu pulluler les témoignages sur les réseaux sociaux. «La journée devient la nuit, il n'y a plus de différence pour les femmes.» Face à ce constat, Alice a décidé de créer la page Facebook «Paye Ton Confinement», qui recense des témoignages de harcèlement de rue, à l’image de «Paye Ta Schneck». «Au début, je recevais un témoignage tous les trois jours, mais depuis une semaine il ne se passe pas un jour sans que quelqu’un ne m’envoie un message», confie-t-elle à Cheek Magazine.

En Seine-Saint-Denis, la semaine dernière, deux femmes ont été violées en l'espace de 24 heures sur la voie publique, l'une dans un parc à Aulnay-sous-Bois, l'autre dans une rue de Montreuil.

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