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Ces mosquées qui profitent du confinement pour “faire l’appel à la prière comme dans les pays musulmans”

La grande mosquée de Lyon construite dans les années 1990

Alors que les églises de France faisaient sonner leur clocher le soir du mercredi 25 mars pour célébrer l'Annonciation, un muezzin en a profité pour lancer l'appel à la prière islamique depuis le minaret de la Grande mosquée de Lyon. Un phénomène relaté par Eric Zemmour dans l'émission Face à l'info ce mardi 31 mars.

Dans l'émission Face à l'info de ce mardi 31 mars, Eric Zemmour a pointé du doigts ces mosquées qui profitent du confinement pour effectuer l'appel à la prière : pratique prosélyte que la France n'avait jusqu'ici jamais accepté sur son territoire.

Dans un article publié ce dimanche, nous relations et décortiquions ce phénomène, justifié par les militants islamistes de deux façons : d'une part le parallèle entre cloches et appel à la prière, d'une autre l'impossibilité de réunir les fidèles en tant de pandémie et donc le besoin de leur rappeler, de loin, à leur devoir de prier, tout en leur ordonnant de rester chez eux. Voici donc ce que nous écrivions : Les images avaient de quoi surprendre dans un pays aux racines chrétiennes où la religion est sans-cesse repoussée dans les confins de la vie privée pour respecter la neutralité de l’espace public. Mercredi 25 mars dernier, alors que toutes les cloches de France s’apprêtaient à sonner à l’occasion de la fête de l’Annonciation et pour témoigner d’une communion nationale contre le virus, certains en ont profité pour faire retentir l’appel à la prière – en arabe, dans la plus pure tradition islamique. C’est le cas de la Grande mosquée de Lyon, qui, loin de s'en cacher, a relayé en vidéo l'appel à la prière effectué depuis son minaret via un haut-parleur. Selon d’autres images diffusées par le compte Twitter du site d’information Dômes & Minarets, qui se présente comme le « journal des mosquées de France » et revendique le droit pour les mosquées de diffuser l’appel à la prière, un habitant du quartier La Paillade à Montpellier aurait effectué la même démarche via un haut-parleur depuis son appartement. 

Pourquoi un tel spectacle, jour là, ici en France ? Tout est parti d’un communiqué de l’Eglise de France, publié le 24 mars et annonçant que le lendemain, à l’occasion de la fête de l’Annonciation, « les églises de France sonneront à 19h30 et tous seront invités à poser une bougie à leur fenêtre ». « Ce geste commun » expliquait le communiqué, « sera une marque de communion de pensée et de prière avec les défunts, les malades et leurs proches, avec tous les soignants et tous ceux qui rendent possible la vie de notre pays ». Le lendemain, le 25 mars, le Conseil français du culte musulman (CFCM) avait tenu à « exprimer ses vœux de les plus chers à l’ensemble des chrétiens de France et les assure de sa solidarité fraternelle avec l’espoir qu’ils puissent vivre ce moment important dans la joie et l’espérance ». Nulle trace pour autant d’une quelconque expression publique et prosélyte de cette solidarité.

Mettre sur le même plan le son des cloches des églises avec l'appel à la prière islamique

Le même jour pourtant, à 18h16, s'inspirant sans-doute des précédents communiqués, la Grande mosquée de Lyon annonçait sur sa page Facebook que « l’appel à la prière du Maghreb sera dite du haut de son minaret pour soutenir ces hommes et ces femmes des services publics et des hôpitaux, qui depuis le début en dépit de la gravité de la situation sanitaire, luttent avec courage et abnégation pour faire face à cette épidémie qui touche l’ensemble des Français ». Et d’ajouter : « C’est pour leur témoigner notre fraternité que ce soir nous prierons pour eux et pour tous nos compatriotes, quelque soit leur religion ou leur origine ». Une message que plusieurs médias locaux et nationaux ont pris au pied de la lettre, puisqu'ils se sont empressés d'y voir un formidable communion dans la prière entre chrétiens et musulmans face au virus, mettant insidieusement sur le même plan le son des cloches et l’appel à la prière islamique. 

Mais cette version des choses semble d’autant plus contestable que l’évêché lyonnais n’avait nullement été informé de l’initiative de la Grande mosquée de Lyon. « Nous l’apprenons de votre bouche à l’instant » explique l’évêché à Valeurs actuelles.  Pire, aucune autorisation n’avait été demandée à la mairie de Lyon selon nos informations, alors même qu’aucune mosquée en France n’est autorisée à un tel prosélytisme. C’est d’ailleurs pour cette raison précise, que la Grande mosquée de Lyon avait été dotée d’un minaret purement symbolique à la longueur limitée lors de sa construction au début des années 90. Une telle entrave à la discrétion religieuse qui prévaut aurait donc nécessité un accord préalable de la part des autorités, dont on peut supposer qu'elles auraient refusé puisque l'appel à la prière a été effectué en arabe et non en français. Etrange preeve de solidarité avec les Français !

Pour moi, c’est de la provocation, c’est dangereux. La mosquée s’est offert un bon coup de publicité

Alors simple élan de fraternité ou prosélytisme déguisé ? Du côté des responsables politiques locaux, le silence règne. Gérard Collomb, le maire de Lyon était sur le plateau de BFM Lyon le lendemain matin pour détailler les mesures prises par la ville contre le Coronavirus. Il n'a prononcé aucun mot sur le chant du muezzin qui a pourtant résonné dans les rues de sa ville. « Cet évènement aurait dû pourtant choquer tout le monde » s’étonne Mehdi Aïfa, militant LGBT d’origine musulmane et farouche adversaire de l’islamisme, qui habite Lyon. « Pour moi, c’est de la provocation, c’est dangereux. La mosquée s’est offert un bon coup de publicité ce qui l'aidera peut-être dans sa recherche de financements ». Quant à la comparaison entre le tintement des cloches et l’appel à la prière dressé implicitement par certains média, Mehdi Aïfa la déplore. « C’est une honteuse banalisation du prosélytisme musulman dans un pays aux racines chrétiennes » où, de fait, le son des cloches a largement précédé les lois de la République. 

Ce n'est pas la première fois que des mosquées françaises tentent d'instituer l'appel à la prière, comme le font les mosquées dans les pays à majorité musulmane. En 2008, à Meaux, une mosquée s'était attirée les foudres des autorités locales et des riverains après avoir installé des haut-parleur au dessus de sa porte pour appeler les fidèles avant la prière. Selon Le Parisien, le président de la mosquée s'était alors justifié en assurant qu'« en France, les cloches sonnent bien pour la messe ». Le site d'actualité Dôme et minarets encourage également cette pratique, avec la même dialectique : « En France, aucune loi n’interdit aux mosquées les appels publics à la prière (Adhan) à l’instar des églises qui sonnent le glas au moins une fois par semaine, pour d’autres plusieurs fois par jour. Au nom de l’égalité du traitement des cultes, les mosquées devraient réclamer ce droit en particulier dans les villes et quartiers où se concentre une forte communauté musulmane. »

Le rappeur franco-tunisien Bassem Braïki, habitant de l'agglomération lyonnaise, s'est fendu d'une vidéo pour dénoncer une telle provocation. « Mes frères, mes soeurs, vous cherchez quoi ? C'est quoi cette communauté ? On est pas chez nous ! Personne ne nous aime ! Pourquoi en rajoute-t-on ? Pourquoi fait-on du spectacle ? (...) vous êtes dans un pays où il y a deux mille ans de chrétienté et vous allez faire l'appel à la prière dans des haut-parleur ? Non mais c'est une blague ! » explique-t-il face à la caméra, citant l'exemple de Lyon, de Montpellier, mais aussi de la mosquée de Strasbourg où, faute de pouvoir réunir ses fidèles du fait des mesures sanitaire, l'imam a cru bon de  proférer l'appel à la prière via haut-parleur devant sa mosquée, le 26 mars dernier. 

La France, pourtant fermement encrée dans sa tradition laïque, n'est pas le seul pays européen à voir les mosquées s'imposer dans l'espace public via l'appel à la prière, en temps de pandémie. A Grenade, en Espagne, l'appel à la prière a également retenti en plein coeur  de la ville, vendredi dernier, si l'on en croit les images diffusées par le compte Twitter du site d'information Dômes et minarets. C'est aussi le cas en Allemagne, à Hanovre et à Duisbourg, où l'appel à la prière a raisonné. « Dans toute l'Allemagne, les églises ont commencé à sonner leurs cloches à 19h en signe de solidarité avec les fidèles, face à la fermeture des salles de prière. L'église voisine de Duisburg nous a demandé si nous pouvions participer à cette opération de solidarité tous les soirs. Nous avons signifié que nous pouvons soutenir spirituellement la communauté musulmane à travers l'appel à la prière », aurait indiqué selon plusieurs sites d'informations musulmans Hülya Ceylan, présidente de la section régionale de l'Union turco-islamique des affaires religieuses (DITIB), organisation liée à la Turquie qui gère la mosquée de Duisbourg.

Marine Carballet et Amaury Bucco

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